Institut Pasteur de Paris
L'Institut Pasteur, dans son site parisien comme dans le réseau des Instituts Pasteur, est particulièrement actif dans la recherche sur le paludisme, que ce soit la recherche fondamentale ou la recherche de moyens de lutte contre cette parasitose majeure.
La description de l'infection palustre, et son évolution en termes d'épidémiologie, de transmission, de résistance du parasite aux médicaments, l'étude de nouvelles combinaisons médicamenteuses, l'étude de la diversité génétique des populations parasitaires, sont réalisées dans les Instituts Pasteur d'Afrique, d'Asie, et en Guyane.
Sur le site parisien, 7 laboratoires travaillent sur le paludisme. On peut classer ces travaux en quatre grandes catégories. La première catégorie concerne la biologie du parasite lui-même, ses stratégies d'invasion du foie (une phase essentielle, mais cliniquement muette) et des globules rouges (cette phase fait suite à la précédente, c'est elle qui est responsable des manifestations cliniques), l'expression des gènes au cours des différentes phases du développement chez l'homme et chez le moustique, et l'étude des protéines exprimées à la surface du globule rouge infecté. La deuxième catégorie concerne l'immunologie : en effet, on sait depuis de nombreuses années que les sujets qui vivent en zone d'endémie développent une immunité complexe contre le parasite, qui permet, à des degrés divers, de diminuer la charge parasitaire et l'intensité des troubles cliniques. Cependant, les mécanismes immunologiques sous-jacents sont encore imparfaitement connus. La troisième concerne la recherche vaccinale ; elle tire évidemment parti des travaux précédents. Actuellement, quatre « candidats-vaccins » sont en cours d'étude, dont deux ont déjà fait l'objet d'une étude clinique (injection chez l'homme). Deux vaccins sont destinés à bloquer le développement du parasite dans les globules rouges, un vise le stade hépatique. Le quatrième a pour objectif d'empêcher le parasite dans le placenta, et donc de prévenir le paludisme de la femme enceinte, délétère à la fois pour la mère et pour l'enfant. La quatrième catégorie concerne le moustique vecteur : un insectarium permet de produire localement des moustiques afin, entre autres, d'étudier les mécanismes du développement du parasite chez le moustique. Un objectif lointain serait d'obtenir un moustique incapable de transmettre le parasite...
On imagine volontiers que les échanges entre le site parisien et les sites outre-mer permettent à la fois de formuler des hypothèses de recherche, et en retour de vérifier certaines d'entre elles sur le terrain, que ce soit dans le domaine de la recherche fondamentale, ou dans celui de la lutte contre le paludisme.
Institut Pasteur de Paris
25-28, rue du Dr. Roux
75015 Paris
Contact : Dr. Jean-Louis Pérignon
perignon@pasteur.fr